J'aime
la matière plus que la couleur. La matière est mémoire du
temps. Elle s'étale par strates, vient des profondeurs et tend vers la
surface. Elle est poussière blanche. Elle recouvre et révèle.
Lorsque
je peins, j'ai la sensation que l'image est derrière le tableau, elle se
cache et attend mon intervention pour surgir. Le
corps humain ou animal se mêle au corps du support et n'est que prétexte
à peindre ou peut-être est-il le reflet de ma propre situation de
bataille face à la matière. Le corps est porteur de rythmes, de
vie, de sexe, de mort et tout ce qui en nous est refoulé. L'usage récurrent
du corps suggéré cerne une matière d'images choisies, accumulées,
digérées et invite le regard à aller plus loin en multipliant
les possibilités de lectures. V.D. "...On
peut comparer le monde aussi à un bloc de cristal aux facettes innombrables.
Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes, certaines
parties de facettes, et son tableau, poème, objet, etc... n'est qu'un témoignage
de ce qu'il aperçoit.." Alberto
Giacommetti |